✍️ Immigration 2026-2029 : trois scénarios gouvernementaux… et seize visions citoyennes
Immigration 2026–2029 : sortir le regroupement familial de l’ombre
1. Trois scénarios… mais un plafond pour les familles
Le cahier de consultation du MIFI propose trois trajectoires d’immigration permanente pour 2026-2029 : 25 000, 35 000 ou 45 000 admissions par année. Dans le scénario minimal, on compterait environ 14 500 admissions économiques, 5 800 à 6 200 en regroupement familial et 3 600 réfugiés et humanitaires. Le scénario médian monte à 35 000, et le scénario maximal à 45 000, dont 26 000 économiques, 9 800 à 10 400 regroupement familial et 6 200 humanitaires.
📉 Même à son maximum, le gouvernement limite donc le regroupement familial à environ 10 400 admissions par an, bien en deçà de la demande réelle estimée à 17 000, genérant une accumulation astronomique de l’arriéré et des délais d’attente inédits. L’arriéré de dossiers atteignait déjà plus de 42 000 au 1ᵉʳ janvier 2025. C’est dans ce contexte que les acteurs économiques, sociaux, juridiques et communautaires ont déposé leurs mémoires.
2. Les milieux économiques : main-d’œuvre d’abord, mais un scénario porteur d’espoir issue du patronat
Du côté patronal, les positions convergent vers une hausse significative des seuils, mais avec un angle presque exclusivement économique.
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) va encore plus loin, avec une cible de 106 000 admissions (permanents et temporaires confondus), mais ne dit rien du regroupement familial (mémoire FCCQ). Même logique pour les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), centrés sur la compétitivité industrielle, ou pour la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), qui demande que le scénario maximal de 45 000 soit considéré comme un plancher (mémoire CCMM).
À l’échelle sectorielle, l’Association Hôtellerie du Québec (AHQ) insiste sur la nécessité de travailleurs temporaires dans l’industrie et souhaite des passerelles vers la résidence permanente pour des postes essentiels (mémoire AHQ). Enfin, les voix régionales de la Chaudière-Appalaches (TREMCA & CAÉ) et du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL) défendent une immigration adaptée aux réalités locales, avec une facilitation de la résidence permanente pour ceux déjà établis, la régionalisation et la francisation comme piliers (mémoire TREMCA & CAÉ). Dans tous ces cas, le regroupement familial est absent ou traité comme secondaire.
Un cas d’exception, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) propose 70 000 admissions permanentes par an, dont 44 800 économiques, 15 200 en regroupement familial et 3 600 humanitaires (mémoire du CPQ).
📊 Projections – Scénario CPQ (15 200 RF / an)
2026 : Délai de traitement ≈ 25 mois (plus de 2 ans).
2027 : Délai de traitement tombe à 22 mois (moins de 2 ans).
2030 : Objectif atteint → 12 mois de délai maximum, considéré comme normal.
2032 : Arriéré complètement résorbé.
📈 Lecture
👉 En fixant les admissions à 15 200 par année, le système rattrape progressivement le retard. Le délai, actuellement de plus de 3 ans, repasse sous la barre des 2 ans dès 2027, puis atteint la cible internationale de 12 mois en 2030. D’ici 2032, les familles pourraient enfin voir l’énorme arriéré historique éliminé.
3. Les milieux sociaux et juridiques : droits et inclusion
À l’opposé, plusieurs organismes sociaux et juridiques dénoncent la logique des plafonds et placent la vie familiale au cœur de leurs préoccupations. L’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI) rejette les seuils rigides et alerte sur des délais pouvant atteindre trente ans pour certaines catégories. La Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) voit le regroupement familial comme un pilier d’inclusion et demande une hausse au-delà des scénarios proposés (mémoire TCRI). La FTQ adopte une posture syndicale, insistant sur une immigration plus inclusive et dénonçant la précarité des travailleurs temporaires. Elle parle de regroupement familial comme condition d’intégration, mais dans un sens large, non technique (mémoire FTQ).
L’Association du Barreau canadien – Division Québec (ABC-Québec) va plus loin : elle condamne fermement la suspension du regroupement familial 2024-2026, qui porte les délais à 37 mois au Québec contre 11 ailleurs au pays, et juge les plafonds contraires à l’Accord Canada-Québec (mémoire ABC-Québec). Même logique du côté de la Maison internationale de la Rive-Sud (MIRS), qui plaide pour une immigration inclusive et durable, avec un minimum de 55 000 admissions permanentes et un accent sur la francisation et la cohésion sociale (mémoire MIRS).
Enfin, le Regroupement des organismes en hébergement pour personnes migrantes (ROHMI) alerte sur la crise de l’hébergement et demande un financement accru pour éviter l’itinérance, sans traiter directement du regroupement familial (mémoire ROHMI). La Fédération des centres de services scolaires du Québec (FCSSQ), pour sa part, met l’accent sur la planification scolaire et la formation professionnelle, avec une mention indirecte des familles par la voie des élèves (mémoire FCSSQ).
4. Les voix académiques et critiques
Un discours différent émane du milieu académique. L’économiste Pierre Fortin considère l’expansion rapide de l’immigration entre 2016 et 2024 comme une erreur économique et sociale : selon lui, elle n’a pas résorbé la pénurie de main-d’œuvre, mais a contribué à aggraver la crise du logement, à réduire la productivité et à fragiliser la cohésion sociale. Il recommande une réduction de 60 % de l’immigration temporaire d’ici 2028 (mémoire de Pierre Fortin). Toutefois, il insiste sur le fait que cette révision doit se faire dans le respect des personnes immigrantes, avec un accompagnement en francisation et logement, afin d’éviter leur stigmatisation. Sur le regroupement familial, une catégorie permanente, il ne formule pas de recommandations spécifiques.
5. Québec Réunifié
De notre côté, Québec Réunifié fait du regroupement familial l’enjeu central : reprise immédiate des CSQ, délai légal maximum de 12 mois, exclusion du RF des quotas, traitement prioritaire des dossiers en attente et reconnaissance explicite du droit à la vie familiale dans la loi (mémoire QR).
6. Tableau comparatif simplifié
Conclusion
Cette consultation publique décidera si des familles pourront enfin vivre ensemble ou resteront séparées des années encore. Chez Québec Réunifié, notre position est claire : pas de plafonds pour les familles, un délai maximum de 12 mois, et une immigration centrée sur l’humain, pas seulement sur la main-d’œuvre.
Passez à l’action — 3 gestes concrets pour mettre le RF au cœur de la consultation
Remplir le sondage de l’Assemblée nationale (quelques minutes)
👉 https://questionnaire.simplesondage.com/f/s.aspx?s=30adca65-a997-4a77-ba29-eacaedd3f79c
Insistez sur : l’exclusion du RF des plafonds, la cible de 12 mois et le traitement prioritaire des dossiers en attente.Commenter officiellement le sujet à l’étude (page de commentaires de la Commission)
👉 https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commentaire.html?type=Mandat&id=54013
Mettez en valeur : le droit à la vie familiale, l’écart entre 10,4k planifiés et ~17k demandes réelles, et l’impact humain des délais.Signer et partager la pétition pour la protection du regroupement familial
👉 https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-11563/index.html
📊 Mise à jour au 30 août 2025 : 2 502 signatures réelles
➡ Au rythme actuel, la pétition atteindrait environ 7 212 signatures d’ici le 1er octobre 2025.
🎯 Objectif : 10 000 signatures → il manquera près de 2 800 signatures pour y arriver.
Aidez-nous à faire boule de neige
Merci de faire suivre ce courriel à vos proches, collègues et réseaux. Plus nous serons nombreux à répondre au sondage, à commenter et à signer, plus la voix des familles comptera dans les décisions à venir. 💛







