Mohamad Ataya est marié à une Canadienne. Ses deux jeunes enfants sont Canadiens. Toute sa famille est établie à Montréal. Pourtant, six ans après le début de sa démarche de résidence permanente, il attend toujours une réponse.
Son épouse, Sarah Abou-Nassif, l’a parrainé après leur mariage en 2020. Le traitement semblait initialement progresser normalement : Mohamad a reçu son certificat de sélection du Québec en avril 2021. Il ne restait alors que l’approbation du gouvernement fédéral.
Puis, tout s’est bloqué.
Pendant une partie de cette longue attente, Mohamad a dû faire des allers-retours entre Montréal et Beyrouth. Le renouvellement de ses visas et ses obligations professionnelles l’ont parfois tenu éloigné de sa femme et de ses enfants pendant plusieurs semaines.
Cette incertitude a imposé un stress immense à toute la famille.
Aujourd’hui, Mohamad peut demeurer au Canada grâce à un permis de travail valide jusqu’à la fin de 2027. Il peut travailler, contribuer à la société québécoise et prendre soin de ses enfants. Mais sans décision concernant sa résidence permanente, il lui demeure difficile de planifier l’avenir.
Son histoire met également en lumière une profonde inégalité territoriale. Une demande semblable présentée ailleurs au Canada aurait probablement déjà reçu une réponse. Au Québec, les délais du regroupement familial sont deux à trois fois plus longs.
Les gouvernements peuvent annoncer de nouveaux plafonds et affirmer que les dossiers les plus anciens seront priorisés. Mais lorsque le nombre de familles admises demeure insuffisant par rapport au nombre de demandes, la file d’attente continue inévitablement de s’allonger.
Ce ne sont pas seulement des chiffres. Ce sont des enfants qui attendent leur père, des couples privés de stabilité et des familles incapables de savoir ce que demain leur réserve.
Comme le dit Mohamad : « Nous avons seulement besoin de franchir la ligne d’arrivée. »


