đ Regroupement familial : un moratoire sur l'amour
MalgrĂ© la promesse dâun nouveau plan dâimmigration, le gouvernement maintient le statu quo â et des milliers de familles quĂ©bĂ©coises restent sĂ©parĂ©es.
Contexte
Le gouvernement du QuĂ©bec vient de dĂ©voiler son plan dâimmigration 2026-2029.
AprĂšs analyse, une chose saute aux yeux : rien nâest prĂ©vu pour rĂ©parer la crise du regroupement familial.
Le nombre dâadmissions est mĂȘm
e lĂ©gĂšrement rĂ©visĂ© Ă la baisse, et le plan ne contient aucune mention de la reprise de lâĂ©mission des certificats de sĂ©lection du QuĂ©bec (CSQ), suspendus depuis 2025.
Autrement dit : aucune confirmation que les familles séparées pourront déposer leur dossier avant 2026.
Ce silence complet sur les CSQ familiaux est particuliÚrement préoccupant.
Non seulement le plan Ă©vite dâindiquer une date de reprise, mais il ne mentionne mĂȘme pas lâexistence du mĂ©canisme de sĂ©lection familiale dans cette section de la planification pluriannuelle.
En dâautres termes, le regroupement familial a Ă©tĂ© tout simplement effacĂ© du document officiel, comme si les milliers de nouveaux dossiers en attente nâexistaient pas.
Cette omission volontaire crĂ©e un vide administratif et alimente la confusion : ni les personnes parrainantes ni les autoritĂ©s fĂ©dĂ©rales ne savent quand le QuĂ©bec compte rouvrir lâĂ©mission de CSQ â une Ă©tape pourtant essentielle pour que le traitement fĂ©dĂ©ral puisse avancer.
« Un moratoire sur lâamour avec un Ă©tranger »
« Le ministre a choisi de ne pas tenir compte des demandes des QuĂ©bĂ©cois et QuĂ©bĂ©coises qui parrainent. Câest lâĂ©quivalent dâun moratoire sur lâamour avec un Ă©tranger. Pendant que dâautres provinces rĂ©unissent leurs familles en 15 mois, le QuĂ©bec maintient un systĂšme qui en exige prĂšs de 40. »
â Marie-Gervaise Pilon, coordonnatrice de campagne de QuĂ©bec RĂ©unifiĂ©.
Le Québec conserve ainsi la triste premiÚre place mondiale pour les délais les plus longs en matiÚre de réunification familiale.
Un silence administratif inquiétant
Ce silence du ministÚre inquiÚte profondément les familles concernées.
Depuis des mois, des milliers de couples et de parents vivent dans lâincertitude totale, sans savoir quand ils pourront enfin se retrouver.
Pendant ce temps, le fĂ©dĂ©ral affiche dĂ©jĂ des dĂ©lais moyens de 39 mois pour les dossiers quĂ©bĂ©cois â soit plus du double des dĂ©lais ailleurs au Canada.
Tant que le QuĂ©bec ne rouvrira pas lâĂ©mission de CSQ, lâĂ©cart ne fera que sâaggraver.
Un constat ignoré par le gouvernement
Le rapport de la Commission des relations avec les citoyens (CRC), publiĂ© Ă la suite des consultations publiques sur la planification de lâimmigration, reconnaĂźt noir sur blanc la crise du regroupement familial.
Pourtant, aucune des recommandations dĂ©posĂ©es pour y remĂ©dier nâa Ă©tĂ© retenue par le gouvernement.
Pire encore, le ministre passe outre la recommandation du Commissaire Ă la langue française, qui proposait de rĂ©duire la proportion dâimmigration Ă©conomique (actuellement 75 %) pour mieux soutenir la francisation et la rĂ©unification familiale.
đ Ă lire aussi : Rapport sur la capacitĂ© dâaccueil du QuĂ©bec pour le regroupement familial (2022-2025) â une Ă©tude de QuĂ©bec RĂ©unifiĂ© dĂ©montrant que le regroupement familial ne pĂšse pas sur la capacitĂ© dâaccueil, mais souffre surtout dâun manque de suivi institutionnel.
Un appel à la collaboration fédérale
QuĂ©bec RĂ©unifiĂ© invite la ministre fĂ©dĂ©rale de lâImmigration, Lena Metlege Diab, Ă se rapprocher de son homologue quĂ©bĂ©cois afin de rĂ©soudre cette impasse intergouvernementale, comme lâavait tentĂ© Marc Miller avant elle.
« Il est insupportable quâau Canada, les QuĂ©bĂ©cois soient traitĂ©s comme des citoyens de seconde zone Ă cause des dĂ©cisions prises Ă QuĂ©bec. »
â Marie-Gervaise Pilon
Le message est simple : les familles quĂ©bĂ©coises binationales nâont pas besoin de compassion, elles ont besoin de changement.
Chaque jour dâattente supplĂ©mentaire est une fracture sociale qui sâĂ©largit, une promesse dâaccueil qui se vide de sens.
Il est temps que le Québec retrouve la cohérence entre ses valeurs humanistes et ses politiques publiques.
Pour suivre lâĂ©volution du dossier
đ www.quebecreunifie.ca
đ± @quebecreunifie | #JeVeuxMaFamille




Le processus fĂ©dĂ©ral de rĂ©unification familiale, mĂȘme sâil peut ĂȘtre long, demeure gĂ©nĂ©ralement plus rapide que celui du QuĂ©bec. Pour des raisons humanitaires, Ottawa devrait fixer une norme nationale contraignante, dĂ©lai maximal de dĂ©cision de douze mois, critĂšres harmonisĂ©s et guichet unique avec suivi en temps rĂ©el. Si une province dĂ©passe le dĂ©lai, la dĂ©cision fĂ©dĂ©rale sâapplique. Il faut aussi un mĂ©canisme dâappel rapide devant un organisme indĂ©pendant et une voie prioritaire pour les dossiers impliquant des enfants, une grossesse ou une dĂ©pendance mĂ©dicale. Ăa met fin au dĂ©doublement administratif, clarifie les responsabilitĂ©s et protĂšge les familles. Le dĂ©bat « câest la faute du QuĂ©bec » ou « câest la faute du fĂ©dĂ©ral » nâaide pas; un cadre unique et clair, oui