đ Un raz-de-marĂ©e citoyen pour faire bouger le QuĂ©bec
IRCC tergiverse, les familles se mobilisent. Comment une petition pourra faire bouger Québec.
1ïžâŁ IRCC reste avare de rĂ©ponses
Nous jugeons que notre rencontre du 12 aoĂ»t 2025 avec un haut fonctionnaire dâIRCC a Ă©tĂ© « positive ». Toutefois, cette impression est teintĂ©e de prudence : les rĂ©ponses donnĂ©es suscitent autant de nouvelles interrogations quâelles nâapportent de certitudes.
Parmi les points soulevés :
IRCC ne semble pas vouloir bouger sans lâaval du MIFI ;
Il existe un risque que lâorganisme fĂ©dĂ©ral exige le CSQ dĂšs le dĂ©pĂŽt des dossiers, comme pour dâautres catĂ©gories dâimmigration, ce qui gĂšlerait de fait les demandes. De plus, IRCC nâa prĂ©sentĂ© aucun plan pour les personnes dĂ©jĂ dans lâengrenage sans CSQ. Celles-ci seraient sans doute simplement contactĂ©es lorsquâelles en auront obtenu un.
Les chiffres Ă©voquĂ©s montrent un dĂ©sĂ©quilibre frappant : 93 % des dossiers de rĂ©sidence permanente sont acceptĂ©s, contre seulement 60 % pour les visas visiteurs. Cette situation est problĂ©matique, car la majoritĂ© des refus de visas visiteurs sont justifiĂ©s par la crainte que la personne parrainĂ©e ne quitte pas le pays Ă la fin de son visa. Câest incohĂ©rent : si la grande majoritĂ© de ces mĂȘmes personnes obtiennent ensuite la rĂ©sidence permanente, pourquoi les maintenir Ă distance par un refus prĂ©alable qui ne fait quâallonger la sĂ©paration familiale ?
Nous nous demandions aussi si les ministres Diab et Roberge sâĂ©taient rencontrĂ©s. On nous a confirmĂ© que oui, mais apparemment sans rĂ©sultat, puisque rien nâa Ă©tĂ© communiquĂ© ni couvert publiquement. Nous avons tout de mĂȘme insistĂ© sur le fait que la ministre devrait prendre la parole publiquement, car son silence inquiĂšte et indigne nos membres.
đ Bref, une rencontre utile, mais qui confirme lâurgence de maintenir la pression politique sur le MIFI.
đȘ Le travail de moine des bĂ©nĂ©voles
La mobilisation ne repose pas seulement sur les familles concernĂ©es. Elle sâorganise sur tous les fronts : bĂ©nĂ©voles, syndicats, municipalitĂ©s, chambres de commerce et organismes communautaires. Dans les Ă©changes WhatsApp, on sent Ă la fois une Ă©nergie immense⊠et une fatigue bien rĂ©elle.
Une bénévole décrit ainsi son travail fastidieux sur un fichier Excel rempli de centaines de contacts :
« Câest long ouf đȘ ! Je prends une pause, jâai mal au cou đ⊠pas rendu Ă 50 et il y en a 250. »
Deux autres se sont chargĂ©es de contacter directement les membres du collectif pour leur rappeler de signer la pĂ©tition. Un vĂ©ritable travail de moine, fait patiemment, message par message. Leur persĂ©vĂ©rance est saluĂ©e par toute lâĂ©quipe : nous leur disons merci.
En parallĂšle, des groupes de bĂ©nĂ©voles coordonnent lâenvoi massif de courriels Ă des organismes ciblĂ©s, avec un objectif simple mais ambitieux : obtenir une signature par envoi.
Répartition des tùches déjà effectuée ou en cours :
MunicipalitĂ©s : plus de 1 131 contacts â tĂąche complĂ©tĂ©e â
Chambres de commerce : environ 110 contacts â tĂąche complĂ©tĂ©e â
Avocats et consultants en immigration : plus de 720 contacts â liste Ă moitiĂ© Ă©puisĂ©e đĄ
OBNL : plus de 9 700 inscrits dans le bottin â travail de contact en cours đ
QuĂ©bec RĂ©unifiĂ© a aussi approchĂ© les centrales syndicales et les groupes de la sociĂ©tĂ© civile avec lesquels lâorganisme collabore rĂ©guliĂšrement, afin dâĂ©largir encore la portĂ©e de la mobilisation.
đ Un travail titanesque, menĂ© avec rigueur, humour et solidaritĂ©. Et câest loin dâĂȘtre fini.
đ Dans les mĂ©dias en dĂ©but de semaine
La question du regroupement familial a gagné en visibilité grùce à trois interventions marquantes en début de semaine :
Entrevue Ă Radio-Canada OhDio :
Marie-G. Pilon, vice-présidente de Québec Réunifié, a expliqué en direct pourquoi réunir sa famille coûte en moyenne 55 000 $ au Québec et comment les délais de 41 mois imposés ici contrastent avec les 12 à 15 mois ailleurs au Canada.
đ Ă réécouter ici : Radio-Canada OhDioVidĂ©o complĂšte sur YouTube :
Notre entrevue sur OhDio, convertie en reportage dĂ©taillĂ© et illustrĂ© qui revient sur lâimpact humain et financier de ces dĂ©lais et coĂ»ts absurdes.
đ Ă voir ici : YouTube â QuĂ©bec RĂ©unifiĂ©Article dans Le Soleil :
Publié le 18 août 2025, il met en lumiÚre le double fardeau du regroupement familial : un coût financier exorbitant et un coup dur pour la santé mentale et physique des familles séparées.
đ Ă lire ici : Le Soleil
Ces interventions contribuent à briser le silence médiatique et à montrer que les familles séparées par la bureaucratie québécoise ne sont pas seules : leur cause est désormais portée sur la place publique.
đ Quand la sociĂ©tĂ© civile se met de la partie
La pĂ©tition, lancĂ©e Ă lâAssemblĂ©e nationale du QuĂ©bec, avait recueilli 1 741 signatures au 21 aoĂ»t. Mais son impact dĂ©pendra aussi de sa diffusion au-delĂ des cercles familiaux. Et dĂ©jĂ , des relais apparaissent.
Soutien communautaire : la TCRI a confirmĂ© avoir signĂ© et sâest engagĂ©e Ă relayer la pĂ©tition sur ses canaux.
Soutien syndical : la FIQ et la CSN ont signĂ© et annoncĂ© quâelles allaient diffuser la pĂ©tition. LâAPTS a confirmĂ© quâune dĂ©cision suivrait sous peu.
Soutien citoyen : le mouvement Le QuĂ©bec câest nous aussi a Ă©galement apportĂ© son appui et cherche des moyens de diffuser la pĂ©tition, mĂȘme en plein mois dâaoĂ»t.
Soutien acadĂ©mique : lâObservatoire sur la justice migrante a republiĂ© la pĂ©tition sur LinkedIn, apportant un relais important dans les milieux universitaires et auprĂšs des spĂ©cialistes du droit migratoire.
Soutien professionnel : plusieurs avocats et praticiens du droit de lâimmigration nous ont Ă©galement confirmĂ© leur appui, soulignant lâimportance dâun signal collectif fort pour accĂ©lĂ©rer le changement.
đ Ces appuis confirment que la cause du regroupement familial dĂ©passe les seules familles concernĂ©es : elle touche lâensemble de la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise.
đŻ Une cible Ă dĂ©passer : 10 000 signatures
Selon la projection actuelle, la pĂ©tition pourrait franchir le cap des 10 000 signatures en environ 70 jours si le rythme se maintient. Ce seuil est crucial : en dessous, peu de chances dâobtenir un point de presse ou une action publique pour sa prĂ©sentation.
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ĂchĂ©ance politique : avant le 1er novembre
Le plan dâimmigration sera dĂ©posĂ© le 1er novembre. La pĂ©tition doit donc ĂȘtre finalisĂ©e bien avant cette date pour avoir un impact rĂ©el.
đ Pourquoi viser haut
Dans les derniers exemples, on a vu la pétition en éducation recueillir plus de 100 000 signatures. Résultat : elle a été impossible à ignorer et a forcé le gouvernement à bouger.
đ Oui, une pĂ©tition peut faire changer les choses. Mais il faut beaucoup, beaucoup, beaucoup de signatures.
đ Les autres pĂ©titions : un point de comparaison
Les chiffres parlent dâeux-mĂȘmes. Dâautres pĂ©titions actuellement dĂ©posĂ©es Ă lâAssemblĂ©e nationale recueillent des milliers, voire des centaines de milliers de signatures :
Ăducation : 159 484 signatures
Loyers : 8 123 signatures
Proches aidants : 5 691 signatures
Regroupement familial : 1 741 signatures
đ Ces chiffres montrent lâampleur du dĂ©fi : pour peser rĂ©ellement dans le dĂ©bat public, notre pĂ©tition doit franchir le seuil des 10 000 signatures, et idĂ©alement beaucoup plus.
đ Le contexte politique et les constats des experts
Pendant que la mobilisation citoyenne sâintensifie, les mĂ©moires dĂ©posĂ©s dans le cadre de la consultation publique confirment la gravitĂ© de la situation.
LâAQAADI (Association quĂ©bĂ©coise des avocats et avocates en droit de lâimmigration) a publiĂ© un mĂ©moire qui souligne :
Des plafonds trop bas pour le regroupement familial, les rĂ©fugiĂ©s et lâimmigration humanitaire, en deçà mĂȘme des engagements minimaux de lâAccord Canada-QuĂ©bec.
Plus de 142 000 personnes en attente de résidence permanente en juin 2025, ce qui pourrait entraßner des délais de plusieurs années, voire décennies.
Un Québec déjà en retard de 30 mois sur le reste du Canada en matiÚre de réunification familiale.
đ Les recommandations de lâAQAADI incluent la levĂ©e des plafonds humanitaires et familiaux, lâexclusion des catĂ©gories fĂ©dĂ©rales des quotas, et la mise en place dâune vision stratĂ©gique Ă long terme.
â Une mobilisation qui ne fait que commencer
La mobilisation prend tout son sens parce que IRCC dit ne pas vouloir bouger sans le MIFI, et la pĂ©tition sâadresse prĂ©cisĂ©ment au MIFI. Chaque signature, chaque relais syndical, communautaire ou acadĂ©mique renforce la pression.
đą Appel Ă lâaction
âĄïž Signez la pĂ©tition : https://tinyurl.com/PetitionQR2025
âĄïž Partagez-la Ă vos proches, collĂšgues et rĂ©seaux.
âĄïž Relancez votre entourage : chaque signature compte, et câest ensemble que nous atteindrons le seuil nĂ©cessaire.
âïž VĂ©rifiez votre boĂźte courriel (et vos indĂ©sirables) : la signature nâest validĂ©e quâaprĂšs avoir cliquĂ© sur le lien de confirmation envoyĂ© par lâAssemblĂ©e nationale. Vous pouvez aussi faire suivre ce courriel Ă votre entourage pour les inviter Ă signer Ă leur tour.
đȘ Envie dâaller plus loin ? Si vous souhaitez vous joindre aux bĂ©nĂ©voles pour aider Ă contacter des organismes ou relancer des proches, vous ĂȘtes les bienvenu·e·s. RĂ©pondez Ă ce courriel : nous fournissons les listes et des modĂšles de lettre.
đ Lâobjectif minimal est clair : 10 000 signatures pour que le gouvernement nâait plus le choix dâĂ©couter.




